Au moment des fêtes de
Noël,
la famille Cummings, propriétaires
de l'Abbaye, vient de vivre un vrai conte.
Enfin presque !
Après toutes les péripéties
vécues par la famille Cummings,
en 2005, pour acquérir l'Abbaye
de La Bussière-sur-Ouche, un autre épisode
vient de se terminer pour la famille anglaise.
Et, il a un lien avec l'abbaye car le château
de Loizerolle et ses dépendances,
qui ont été attribuées à la
fin de l'année passée aux
Cummings, n'étaient en partie que
la résidence des moines qui rejoignirent
l'abbaye après un incendie, vers
1130.
Revenons au début de l'histoire.
Joy et Martin Cummings, avant d'acheter
l'Abbaye, avaient postulé pour acheter
le château de Loizerolle et ses dépendances
(grange et calvaires classés, chapelle
Saint-Sylvestre, habitations des anciens
fermiers, prés, potager, bois, etc.),
le tout installé sur quelque 26
hectares.
Nous étions alors en mai 2002. Un
problème de succession mettait la
vente en stand-by et la famille Cummings
achetait l'Abbaye. Novembre 2007, coup
de théâtre : Martin Cummings,
qui va bientôt fêter ses 65
ans, apprend qu'il est désormais
l'heureux propriétaire de Loizerolle.
Avec le légendaire flegme britannique,
le sympathique Martin accueille la nouvelle
avec une joie mi-figue mi-raisin. Ce nouveau
challenge motive le sexagénaire
mais quand il fait les comptes, il est évident
qu'il va falloir trouver la monnaie et
des idées.
Infatigable travailleur
L'ancien marin qui a servi 12 ans dans
la Navy, puis 9 ans à la direction
de grands magasins anglais, a l'habitude
de se lancer des défis. Infatigable
travailleur, il a ensuite ouvert un pub
avec son épouse Joy. Ensuite, ils
ont ouvert un petit hôtel pour terminer
par un château « palace » qu'ils
ont fait prospérer avant de rejoindre,
il y a peu leur fils, à l'Abbaye
de La Bussière. « J'aime
créer du business. Ce château
avait été un vrai coup de
cœur et maintenant que je l'ai acquis,
je vais m'y consacrer », confie Martin
Cummings en faisant visiter l'imposante
demeure. « Ici, il y aura une bibliothèque.
Là, je vais mettre une salle de
bain avec un jacuzzi en hauteur pour pouvoir
admirer le paysage enchanteur qui entoure
le château. Notre chambre sera dans
cette pièce », poursuit-il,
non sans lâcher : « It's magic
! »
Début des travaux en mars
Magique ? Pas tout à fait car en
levant les yeux, on peut apercevoir un
toit passablement abîmé. « Dès
le mois de mars, je vais commencer les
travaux par ce toit. C'est la priorité.
Je laisserai aussi les murs en briques
roses qui seront mises en valeur par le
soleil », poursuit le gentleman qui
va ainsi sauver une belle partie du patrimoine
bourguignon. Car il faut bien le dire,
les gens de la trempe de M. Cummings ne
sont pas monnaie courante. Les gens qui
passent leur temps à voir dans ces
personnages, des gens avides de tout manger,
se trompent. Ces gens-là sont des
bienfaiteurs.
Continuons la visite. À l'intérieur
du château, les murs peints par un
artiste seront rénovés par
un autre artiste, ami des Cummings. Les
cheminées fatiguées par le
temps auront besoin d'être sérieusement
rénovées, comme les murs,
les plafonds, la terrasse, et tout le reste.
Mais Martin Cummings le sait et ne se lamente
pas, il a déjà tout en tête
et s'est déjà retroussé les
manches. Amoureux des jardins, notre heureux
propriétaire pense même à faire
un immense potager pour fournir le chef
de l'Abbaye.
Dépendances délabrées
Côté dépendances, la
grange de Loizerolle, 38 m de long, 18,40
de large et 7,50 de haut est classée
mais complètement délabrée.
Le gel et le dégel de ces derniers
temps n'ont pas arrangé les choses,
une arche s'est en effet écroulée,
le week-end dernier. « Il va falloir
réagir vite et les travaux sont évalués,
dans un premier temps, à 2 M€.
Dans les cinq ans à venir, l'investissement
devrait atteindre environ 6 M€. Avec
ces dépendances, je pense ouvrir
des gîtes car il faut bien quelques
rentrées d'argent », prévoit
Martin Cummings qui avec le restaurant
et l'hôtel de l'Abbaye aura consacré pas
moins de 15 M€, notamment, au niveau
de l'assainissement pour être en
conformité avec les mesures environnementales.
La grande histoire de Loizerolle
Loizerolle (1) est situé à l'extrême
Nord de La Bussière, à 7
km de l'Abbaye et à 564 mètres
d'altitude. Si le château date de
la moitié du XIXe siècle,
le site a abrité une abbaye. Douze
(comme les apôtres) moines cisterciens
y vécurent, en 1130 ans, avant de
descendre, quelques années plus
tard, à cause d'un incendie, à l'actuelle
abbaye. L'histoire de Loizerolle a commencé lorsque
Garnier II, seigneur de Sombernon, céda
sa terre d'Aseraule (1) à Étienne
de Harding (troisième abbé de
Cîteaux et… Anglais) pour
que les religieux y implantent un monastère.
Cette terre demeura le domaine des moines
qui y installèrent leurs établissements
agricoles, et en particulier une gigantesque
grange dont M. Cummings va s'efforcer de
conserver les vestiges.
La Révolution va mettre fin à la
vie monastique et l'Abbaye et Loizerolle
seront vendus à plusieurs citoyens.
Avant la vente à M. Cummings, Loizerolle
appartenant à la famille Lasserre.
En 1988, la grange monastique « Dîmierre » et
le calvaire de Loizerolle ont été inscrits à l'inventaire
supplémentaire des monuments historiques.
Gilles MATHIEU
(1) Loizerolle s'est écrit de neuf
façons différentes en 900
ans |